Ohé ohé ! ! ! AVIS A LA POPULATION

  • Par udcgt
  • Le 16/11/2018

Réactions après avoir lu l'article de SO de ce mercredi 31 octobre 2018 !!!

"Une découverte qui a eu lieu récemment avant le chantier de dépollution". 

 

Une découverte pour qui ? il faut être aveugle, sourd et habiter sur une autre planète pour ne pas savoir que les bâtiments de l'usine de Fumel sont truffés d'amiante. Si l’on trouve encore de l'amiante en 2018, c'est la preuve accablante que des centaines de métallos ont été contaminés par cette saloperie de matériau jusqu'à la fermeture du site !

Cela fait des décennies que nous battons pour la reconnaissance d'exposition et de contamination mais aussi pour le désamiantage !

De l'amiante en 2018 ?

Quel laxisme de l'ETAT et des pouvoirs publics puisque 20 ans après le décret n°96-1133 du 24 décembre 1996 relatif à l'interdiction d'amiante aucune prévention a été faite pour protéger les salariés et obliger les différents actionnaires à désamianter les bâtiments concernés !

 

Nous avons encore la preuve incontestable que des salariés du site de l'usine de Fumel ont été contaminés avant 1997, de 1998 en 2012 et jusqu'en 2018 en atteste l'article paru sur S-O du 31 Octobre 2018 et des propos du président de Fumel communauté….

 

A Fumel, des métallos ont continué d'être exposés et contaminés par cette saloperie de matériau... c'est surtout cela qui doit nous inquiéter !

 

Nous ne sommes pas "des marchandises" et là on nous parle encore d'amiante et du coût que cela représenterait pour désamianter l'usine !

Quel prix les métallos ont payé et paieront dans les prochaines décennies sur leur santé, sur leur vie, sans être à l'abri de maladies professionnelles comme les plaques pleurales, les cancers broncho-pulmonaires, les mésothéliomes, les abestoses......

L'amiante, cette affaire nationale reconnue comme la plus grosse catastrophe sanitaire et sociale à ce jour, tue tous les jours et à Fumel nous ne sommes pas épargnés !

 

1700 décès en France chaque année selon les estimations de l'institut national de veille sanitaire !

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De s'étonner qu'il existe encore de grosses quantités d'amiante dans les bâtiments de l'usine, c'est ne pas se rappeler des combats menés depuis plus de 20 ans par des métallos, par des militants, par des syndicats, par une association des victimes de l'amiante …

 

  • Combats dans les années 1995/2000 pour que l'usine de Fumel soit inscrite par un décret du 24 Avril 2002 sur les listes ouvrant droit au bénéfice de cessation d'activité des travailleurs de l'amiante (ACAATA) afin que les salariés exposés jusqu'à fin 1997 puissent bénéficier du dispositif Acaata et d'une allocation amiante jusqu'à l'âge de la retraite.
  • Combats pour obtenir l'extension amiante de 1998 à 2012 à la période de référence accordée le 24 Avril 2002 lors de l'inscription de cette entreprise sur les listes ouvrant droit au bénéfice de cessation d'activité des travailleurs de l'amiante (ACAATA).

     

  • Combats par l'association « le CERADER Fumélois » pour obtenir le préjudice d'anxiété pour plus de 600 métallos

     En fait ce qui inquiète notre président de Fumel communauté et certains Elus, c'est la facture de dépollution qui va s'alourdir puisqu'il va falloir désamianter des secteurs contaminés et qu'il doit rencontrer le préfet le 26 novembre en gros pour dire à l'ETAT de payer le désamiantage !!!

      Ce n'est pas aux administrés de Fumel communauté de payer ce désamiantage ! ! !

 

Ce serait fort de café que l'ETAT se désengage du désamiantage du site en étant responsable pour carence de l'action de l'État dans le domaine de la prévention des risques liés à l'exposition professionnelle à l'amiante depuis l'interdiction.

 

C'est l'ETAT qui doit payer le désamiantage du site mais il doit aussi prendre ses responsabilités en acceptant le jugement du TA de Bordeaux en inscrivant de suite l'extension amiante de 1998 à 2012 pour les métallos de Métaltemple Aquitaine

 

C'est bien que le président de Fumel communauté aille voir le préfet afin que l'ETAT paye le désamiantage mais je l'invite à dire au représentant de l'ETAT d'intervenir auprès du ministre de travail afin que cette dernière respecte le jugement du TA de Bordeaux en inscrivant l'extension de 1998 à 2012 au journal officiel pour les métallos de l'usine Métaltemple Aquitaine contaminés par cette saloperie d'amiante ! 

 

Face à l'urgence sociale que nous connaissons dans ce bassin Fumélois sinistré, l'obtention de l'extension amiante de 1998 à 2012 permettrait déjà de rendre justice aux salariés exposés et contaminés par ce matériau mais aussi d'améliorer les conditions sociales pour tous les métallos frappés par les plans sociaux de 2009/2014/2015/2018....

Qu'on se le dise ! ! !

 

En 2005, un rapport sénatorial avait accablé l’État pour sa gestion défaillante du dossier de l’amiante, jugé responsable par les autorités sanitaires de 10 à 20% des cancers du poumon et qui pourrait provoquer 100.000 décès d’ici à 2025.

 

 

José Gonzalez/Ancien représentant des salariés de Métaltemple Aquitaine

En charge du dossier d'extension de 1998 à 2012

 

 

 

Voilà ce que j'ai trouvé sur Internet

 

LA RESPONSABILITÉ DE L'ÉTAT

Les préjudices causés par les poussières d'amiante mettent en cause la responsabilité de l'État à un double titre : en tant qu'employeur qui voit sa responsabilité pécuniaire « socialisée » avec celle des autres employeurs par l'entremise du FIVA, mais aussi en tant qu'État contrôleur depuis les décisions du Conseil d'État du 3 mars 2004

2. La responsabilité de l'État régalien

Des malades de l'amiante ou leurs ayants droit avaient saisi le tribunal administratif de Marseille qui, le 30 mai 2000, avait établi la responsabilité de l'État. Ce jugement, confirmé par la cour administrative d'appel de Marseille, le 18 octobre 2001, avait conduit le ministre de l'emploi et de la solidarité à se pourvoir en cassation devant le Conseil d'État.

La haute juridiction administrative, par quatre décisions du 3 mars 2004, a confirmé la responsabilité de l'État et l'a condamné à indemniser les victimes de l'amiante sur le fondement de la faute pour carence de l'action de l'État dans le domaine de la prévention des risques liés à l'exposition professionnelle à l'amiante.

Or, le Conseil d'État, suivant les conclusions du commissaire du Gouvernement, Mme Emmanuelle Prada-Bordenave, a jugé que la responsabilité de l'État était établie à double titre :

- en l'absence d'une réglementation spécifique à l'amiante, c'est-à-dire avant 197741(*) ;

- à partir de 1977, en présence d'une réglementation spécifique à l'amiante mais insuffisante et trop tardive42(*).

Dans l'affaire de l'amiante, l'État a commis un double manquement :

- l'absence de suivi suffisant par l'inspection du travail de la dangerosité des poussières d'amiante, qui a eu pour conséquence la méconnaissance de l'ampleur de la contamination et le manque d'évolution de la réglementation ;

- l'inapplication par l'État des principes de prévention et de précaution.