Lettre à Mme La Préfète - Coronavirus

  • Le 18/03/2020

 

 

Agen, le 18 mars 2020

Madame La Préfète,

Nous souhaitons attirer votre attention sur des problèmes que rencontrent de très nombreux salarié.es sur le département travaillant notamment dans l'industrie ou le secteur commercial.

Lundi soir, le Président de la République déclarait la guerre au coronavirus et instaurait le confinement. Les Autorités Sanitaires recommandaient de limiter les contacts à un maximum de 5 personnes par jour. Il y a même la mise en place d’attestation de déplacement dérogatoire sur l’honneur pour des raisons précises.

D’une part, un très grand nombre d'entreprises continuent de faire travailler les salarié-es dans des ateliers où l'espace est très réduit permettant ainsi au virus de circuler facilement et bien sûr de continuer à le propager. Nous vous avions d’ailleurs interpeller sur ce sujet concernant Lisi-Creuzet à Marmande.

D'autre part, à quoi sert le confinement des enfants et d'un seul de leurs parents dans ce cas-là ?

En effet, la personne qui va à son travail peut, si elle est infectée, contaminer toute la famille, mais aussi ses collègues de travail.

En l'espèce, le message du président de la République devient inaudible et même contradictoire pour les salarié-es qui sont obligés de se rendre au travail tous les jours alors que le Lot et Garonne a le plus de personnes contaminées de la Nouvelle Aquitaine bien loin devant les autres départements.

Les CSE ne sont que peu ou pas consultés et les plans de préventions ne sont pas mis à jour dans beaucoup d'entreprises, ce qui, de notre point de vue, permet aux salarié-es de faire valoir leur droit de retrait. Nous ne voulons pas rajouter une lutte sociale dans cette bien triste période mais ne pouvons rester indifférents aux agissements très critiquables du patronat.

Si les employeurs peuvent perdre leur capital, les salarié-es peuvent y perdre la vie. Ce seul argument doit suffire pour imposer la fermeture immédiate de toutes les entreprises de productions hors nécessité. Ces fermetures doivent s’étendre aux collectivités et Administration.

Pour exemple, à la Poste, plus de 700 salarié-es dans le 47 sont obligé-es de travailler sans gel hydro alcoolique, sans gants, sans masques, en proximité avec leurs collègues mais aussi les usagers.

Vous avez un autre exemple dans le communiqué de la CSD CGT 47 joint à la présente.

Le gouvernement a assuré que les entreprises seraient accompagnées financièrement et qu’il fallait favoriser le chômage partiel.

En conséquence, nous vous demandons d'intervenir auprès des entreprises de notre département pour imposer la fermeture de leurs portes rapidement. 

Nous vous remercions de l'attention que vous porterez à notre courriel et nous vous prions de croire, Madame La Préfète, en nos respectueuses salutations.

Pour la CGT 47,

Laurent Jacquelin

Secrétaire Général

Voir la réponse de Mme la Préfète 

Reponse mme la prefete